CoMix Stories VF – Janvier 2019 (2)

Avengers Legacy #7 – 05/10 par Kidroy

Scénario: M. Waid, A. Ewing, J. Zub, B. M. Bendis – Dessins: K. Jacinto, S. Caselli, P. Larraz, A. Malee, D. Marquez, D. Acuna, L. Yu, G. Alanguilan, J. Cheung, M. Deodato, M. Bagley, A. Hennessy, S. Hanna, A. Sorrentino

  • Avengers #688-690 : La facétie factice du trio d’auteurs justiciers expire libératrice. Une accumulation des accidents, des incidents et indécisions étriquée et surtout trop étendue. Mais, les pages explosent grâce, là aussi, au trio artistique vengeur nerveux, compensées par le calme relatif des écrits, usuels et attendus. Tout rentre dans l’ordre dans cet épilogue à l’image de l’immensité immobile antérieure, long et catarrheux. La vengeance n’a pas trouvé de victime, Legacy est un cycle terne, en attendant le départ frais.
  • Invincible Iron Man #600 : Nous y sommes, ce à quoi devait mener Civil War II, tout un événement pour supprimer Tony Stark, avant de mieux le reconduire, chauve et glabre. La sensation de rangement bien en ordre ne quitte jamais le tissu de ce numéro trop timide comme célébration. Cet anniversaire n’est que la conclusion timorée de tout le travail de l’auteur, au moins chauve lui aussi, sur l’Homme de Fer, amusant et séduisant par ailleurs. Ces remarques sont dommages mais prévisibles, à l’heure où l’icône se met en scène dans une autre industrie. Néanmoins, Bendis ne se prive pas de nous laisser sur le banc des idées guillotines, où les personnages se retrouvent dans un cercle les bras et jambes en croix, pointant dans les directions de l’avenir, que nous n’arpenterons jamais. 

Avengers Legacy s’arrange pour nous laisser seul, le temps de quelques jours, avant de redémarrer au frais, on l’espère. Rarement une ère Marvel sur ces personnages ne m’aura laissé aussi froid, détaché. Pepe Larraz est la seule évidence à exhaler de ces 7 numéros à remiser d’office. 


Spider-Man #7 – 08/10 par Kidroy

Scénario: D. Slott, B. M. Bendis – Dessins: S. Immonen, G. Camuncoli, M. Martin, O. Bazaldua, S. Pichelli

  • Amazing Spider-Man #800 : L’anonymat de ce numéro abrite purement l’histoire du personnage, rien de moins que la fin. Slott tire sa révérence décennale en une fête gobeline tissée depuis longtemps. Certaines choses prennent fin maintenant, juste avant l’épilogue de la mémoire, le #801 est encore à venir. L’affiche est complète et réussie en un spectacle franchement grandiose où tous les acteurs participent à cette explosion massive. Tous les personnages ne passeront pas le clap de fin, même si la mort est toute relative chez l’éditeur, on se demande d’ailleurs pourquoi user de cette esbroufe éculée. Ce que le lecteur espère se concrétise évidemment lorsque les muscles s’entrechoquent. La toute fin n’est pas sans conséquence, ne réforme pas non plus, puisque Slott ne jette pas tout sous le tapis. La conclusion de cette histoire électrise la fidélité, mais quelques tâches encrassent un acte 100 distingué. L’espièglerie ambiante symptomatique des grandes productions de l’éditeur rationne souvent l’urgence des situations. Les bibliomanes puristes auraient souhaité aussi un épilogue moins arasé. Simplement, Amazing Spider-Man #800 est la conclusion qu’on attendait, mais pas celle qu’il faut à son personnage. 
  • Spider-Man #239 : Brian M Bendis entame son dernier tour de piste aussi dans cet univers ; rajoutant un caractère immanquable au numéro en question. Contre tous les détracteurs de l’auteur je m’insurge avec calme, son Spiderman #239 est une fin. L’auteur relie tous les points, dans et à l’extérieur du petit monde de la série. Lucia Von Barda est là (libérée des geôles du gouvernement américain ?), Tony Stark  duveteux se montre et la fin s’envisage aux côtés de Léonard. C’est terminé pour cette époque, bénie ou bénigne, brigande ou brillante, dans tous les cas à découvrir forcément.

“The End”, le kiosque des conclusions ne doit pas se manquer. 


Infinity Wars #1 – 03/10 par Kidroy

Scénario: G. Duggan, D. Cates, C. Hastings, K. Gillen – Dessins: M. Allred, M. Deodato, A. Kuder, G. Shaw, Flaviano, A. Ajaujo

Avant de se lancer dans la chicane cosmique, quelques commentaires : Panini allonge l’addition sans rien ajouter au menu ! Dans le cas où les mensuels souples comprennent encore deux séries alléchantes l’offre mensuelle française reste lucrative, la hausse incessante des tarifs n’est plus justifiable. Même pour un dessin de Paul Renaud. Ensuite, après des années de lectures colorées en collants, l’activité de papier en circuit fermé vient de m’exploser au visage. 

  • Infinity Countdown : Adam Warlock #1 – Infinity Countdown Prime #1 – Infinity Countdown #1 : Le traitement de cette préfiguration introductive prélude une préface joaillière  irisée. Quel est le sens derrière tout ça ? Marvel abuse de l’appétence de son lectorat avec cette stratégie du numéro unique en forme d’établissement d’un frontispice en lettres d’or. Vous ne m’aurez pas. D’emblée, je m’arrête là. Maintenant que cela est dit, que les conditions limites sont établies, que recèle les Infinity Wars ? (Quelle intelligence d’accoler un “S”, toute confusion avec l’orpaillage sur écran est à éviter, évidemment). Et l’on commence avec le seul atout de ce bazar, la chasse à l’or astral est crédible. Les pions sont sur l’échiquier, et cher et mat. Mais, il n’y a que ça. L’éclosion d’Adam sert d’excuse commémorative insolite, visuellement, je n’affectionne pas Allred déjà, puis à l’écrit aussi. Aux dernières nouvelles Kang, et tout son flux temporel avaient été brisés par les Vengeurs de Mark Waid. Puis, Mike Deodato s’établit comme artiste, plus incohérent que jamais, où tous ses travers apparaissent. Ses cases le sont toujours autant, les postures de ses personnages ne tiennent pas debout et son sens de l’échelle vrille. Puis, Duggan retrouve sa série émérite Guardians of the Galaxy. Cette suite est évidemment la continuité du travail antérieur de l’auteur. Marvel, avide et affamé, réitère les erreurs d’Axis par exemple, celle de confondre continuité et circonstance. Cette fois, ça ne prend pas.

Infinity Wars #1 cumule les envolées de Panini et les aberrations de Marvel. La bienséance impose la politesse donc je me contente d’un strident “Déconseillé, totalement”. 


Batman Récit Complet #10 – 05/10 par Boris

Scénario: Collectif – Dessins: Collectif

Le traditionnel kiosque de Noël est là ! Il est constitué du DC Holiday Special 2017 et du Batman Adventures Holiday Special datant de 1994.

  • DC Holiday Special 2017 : Pot pourri d’histoires courtes dont les crédits sont alléchants (Lemire, King, Epting, Landis, Manapul, Priest …), ce numéro a une constante : la qualité globale des dessins. Dans des styles divers, les différents artistes sont assurent. Côté histoire, on notera particulièrement celle de Tom King qui nous offre un conte enneigé durant la seconde guerre mondiale. Poignante, forte, elle marque les esprits. Celle scénarisée par Denny O’Neil , un Batman classique, est illustrée avec merveille par Steve Epting. Un bijou graphique. De leur côté, Landis et Manapul narrent une jolie histoire de Superman. Williamson sur Flash fait dans la facilité et Didio sur les Chevaliers atomiques et n’arrive pas à intéresser. Idem pour Rucka qui fait dans le mièvre. L’introduction et la conclusion de Jeff Lemire sont plutôt rigolotes. Un numéro correct qui mérite un petit coup d’œil mais sans plus.
  • Batman Aventures Holiday Special : Les amateurs de la série animée ou des tomes Aventures pour Kids de chez Urban – souvent excellents, même pour les “grands”- seront comblés, même si les histoires de Paul Dini sont assez basiques. Malgré tout, ça se laisse lire et les deux premières sont même plus sympas et drôles que certaines du DCHS2017 ci-dessus. Les dessins des premières histoires sont bons, avec notamment le grand Bruce Timm sur la première. Par contre, c’est plus grossier sur les deux dernières. Un numéro “sympatoche” mais rien de mémorable.

Un kiosque qui fait passer un bon moment avec quelques histoires qui valent le coup mais l’ensemble ne vaut clairement pas l’achat !