CoMix Stories #4

Seconde triplette de kiosques de mars avec les séries Batman, le début du crossover Superman Reborn et la fin de Nova !


Batman Rebirth #10- 9/10 par Kidroy

Scénario: T. King, J. Tynion IV, S. Snyder, T. Seeley – Dessins: D. Finch, M. Takara, G. Cammuncoli, F. Francavilla,
J. Fernandez

  • Batman #19-20 : Le numéro 19 n’est qu’un matraquage très physique expédié par un Bane implacable et sûr de lui. Après cette séquence, King intronise son final dans une tension brutale et ensanglantée. Le coup de coeur, comme de massue, nous est asséné ensuite. Le Batman #20 est une réussite totale, et l’un de ces numéros qui me restera en tête. King ne sélectionne pas la case de la finesse, encore que, mais plutôt celle de la dépression et d’un abattement  pluriel (physique comme de l’esprit), où Batman est motivé par une force au delà profonde, voire traumatique. Bruce met fin à l’apparente surpuissance de Bane dans une échange de gnons insoutenables mais jouissif. King s’envole sur son char de l’écriture toujours minimaliste, dont l’écho porte et marque. Bane n’avait pas une chance face à cette machine de la nuit, maître absolu de ses capacités, dans un monologue évident poignant. Il était Bane, Il est Batman, Je suis conquis.
  • Detective Comics #954-955 : Comme tous les mois, la série est moins expérimentale, moins conceptuelle, peut être moins consciente de l’exercice de style d’à côté, mais non moins plaisante. L’auteur tente une pirouette du changement autour du fils du démon et de la ligue des ombres, cela ne prend pas. Pourtant DC se savoure pour son travail d’équipe, son dynamisme incessant, comme son exagération visuelle appréciée. 
  • All-Star Batman #8 : Dans la continuité de son intrigue de contamination générale, tricotée par un fil rouge enroulé autour des figures vilaines du Chevalier Noir, cette fois, Snyder travaille du chapeau. Sans le lui tirer, le numéro s’apprécie quand même. Tetch, c’est lui dont il s’agit, s’est récemment illustré dans des séquences hallucinées sur nos écrans, manette en main, très réussies. En papier, Jarvis est ce genre de personnage de fond, passionnant par ses fièvres littéraires, autour d’une tasse de thé et avec un lapin blanc. Snyder dans son envie de contrôle total de la frise du Batman, tente lui aussi de nous tromper sur le passé du héros. Premier écart de son voyage chez les vilains, comme sur DC, personne n’est dupe. Reste un numéro dérangé, mais pas trop, où le très bon Cammuncoli peut s’amuser. 
  • Nightwing #18-19 :  Tim Seeley s’inspire définitivement du meilleur, nous avons une suite détournée des écrits de Morrison. Seeley joue la carte du Dr. Pyg à fond, la transe artistique, l’ambiance décalée, résonnent comme un souvenir moderne sucré d’un passé glorieux. Sans vouloir surclasser l’écossais, Seeley utilise son apport immense à son propre compte, et avec talent. Nightwing c’est tout aussi excellent que tout ce qu’il y a avant. 

Batman Rebirth est le kiosque que nous méritons, et celui qu’il faut à ses lecteurs. 


Justrice League #10 – 7,5/10 par Boris

Scénario: B. Hitch, P. Tomasi, J. Williamson, R. Venditti – Dessins: F. Pasarin, P. Gleason, C. Di Giandomenico, J. Merino, Neil Googe, R. Sandoval, E. Van Sciver

  • Justice League #17-18 : Sans façon.
  • Superman #18 : Le crossover Superman Reborn, qui est censé nous révéler enfin qui est ce fameux Clark Kent, débute avec un épisode de l’excellente série Superman de Tomasi et Gleason. Les auteurs nous proposent un point de départ centré autour de la famille, thème dans lequel ils sont passés maîtres depuis leur passage sur Batman & Robin. L’écriture est très juste et la tension palpable. On ressent l’effondrement de Clark et Lois, ainsi que leur détermination à retrouver Jon à la fin de l’épisode. Aux dessins, Gleason use de son style toujours aussi appréciable. Un excellent début ! Ah, si Urban avait eu l’intelligence de publier cette série au lieu de la pauvre Justice League dans ce kiosque….Ils auraient du changer le nom du magazine !
  • Flash #18-19 : Arc en deux parties sur Wally West qui veut en apprendre plus sur son père censé être emprisonné au pénitencier de Iron Heights. Willamson soigne l’écriture de cet arc. L’attitude de Barry, qui avance sur des œufs, la réaction de Wally assez juste et l’apparition bien vue de Boomrang en guest, constituent un ensemble agréable et bien fichu. Les dessins de Jesus Merino, pour la majeure partie, sont très bons, dans un style différent de Di Giandomenico.
  • Flash #20 : Cet épisode reprend la suite du premier arc avec le groupuscule Black Hole.  Iris West se retrouve au centre de cette intrigue, ce qui est appréciable. Néanmoins, le scénariste use de quelques naïvetés scénaristiques et le déroulement est assez basique. Le retour d’un personnage disparu il y a un bon nombre d’épisodes va peut-être pimenter la suite des aventures de Flash. Sympa mais un cran en-dessous de d’habitude. Le trait plus rond et moins détaillé de Neil Googe fait le travail mais nous fait clairement regretter le dessinateur habituel !
  • Hal Jordan and the Green Lantern Corps #16-17 : Robert Venditti termine son arc sur le “recrutement” des derniers Yellow Lanterns avec une évocation de l’enfance de Guy Gardner que l’on suit à nouveau dans sa grosse baston avec Arkillo. Ça saigne dur, le portrait est assez sommaire mais ça se lit agréablement. Le scénariste relance ensuite Kyle Rayner en changeant son statu-quo. Pourquoi pas, à voir ce que Venditti va en faire. L’écriture du scénariste est simple, directe et les personnages ne bénéficient pas d’une caractérisation très léchée mais ne boudons pas notre plaisir, HJATGL est une série fun et agréable. Aux dessins, la paire Sandoval-Van Sciver est toujours bien à sa place sur cette série dont ils maîtrisent les codes.

Justice League Rebirth bénéficie toujours de séries de qualité. Le plaisir de lecture est intact depuis le numéro 1 et Superborn Reborn débute de la meilleure des façons !


Marvel Universe #004- 5.5/10 par Kidroy

Scénario: G. Duggan, C. Bowers, C. Sims, J. Lemire, J. Loveness, R. Perez – Dessins: C. Samnee, D. S. Beyruth, G. Peralta, S. Hepburn

  • Guardians of the Galaxy #5 – Annual #1: Cette série est bonne, à des années lumières du creux de la vague cosmique Bendis. Pour autant, cet épisode #5 n’a aucune vraisemblance. Construit comme une pause, mais après seulement 4 numéros, construit comme une aventure en solitaire de Star Lord totalement débridée, la bande n’est pas très originale. Surtout que la bande s’absente ici sans explication. L’intérêt vagabonde, n’abonde pas et s’abandonne. Toutefois avec le trait tellement frais de Samnee, le numéro est un feel good issue creux mais récréatif. Au contraire de l’annual, copie malheureuse du ton hollywoodien, qui s’inscrit dans l’empire secret, mais dévoilé maintenant, en cours.  Fanfaron, benêt et bien trop influencé, le numéro annual s’oublie déjà. 
  • Thanos #10-11 : L’incompréhension est totale, c’est encore pire que précédemment. Lemire n’est qu’un pseudonyme emprunté par un nigaud incapable. Absolument tout est mauvais. De l’échappatoire de Thanos qui se rêve en chef d’équipe des Vengeurs ; de la fuite de Nebula et Tryco (ce duo est l’une des plus mauvaises choses que j’ai pu lire ces derniers temps) puis de l’évanouissement de la fille du Titan après avoir reçu un caillou au visage, du combat familial lamentable qui n’a aucun impact ni grandeur cosmique ;  des dialogues généraux désastreux ; de cette manie horripilante qu’a Lemire d’accoler des paragraphes explicatifs didactiques ; vivement la reprise par Cates. Thanos par Lemire est catastrophique. 
  • Nova #6-7 : Déjà la conclusion, pour une série qui se range dans le tiroir des “mini” prometteuses, généreuses, courtes, mais très agréables. Loveness s’accapare les écrits d’A&L sur le Cancerverse, peaufine la fin obscure de Thanos Imperative et conclut avec un entrain héroïque bienvenu. 

Il y a un vrai sentiment vivace à lire du cosmique actuel. Les Gardiens sont très bons, même si le numéro du mois est étranger à toute vraisemblance. Nova se termine déjà, mais n’aura jamais déçu ; les débuts de la série sont parmi les plus belles réussites récentes de l’éditeur. Et il reste Thanos, un gâchis immense où rien ne mérite d’être sauvé, lu voire aperçu. 


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